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Bongo & Co : Rêves d’éternité, de pouvoir absolu ?

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Bongo & Co : Rêves d’éternité, de pouvoir absolu ?

Message par louiss le Ven 27 Oct - 13:05

Bongo & Co : Rêves d’éternité, de pouvoir absolu ? Attention aux bugs (afrikara.com)
26/10/2006



Pouvoir à vie, pouvoir avide, pouvoir à vide, ce serait la triade qui dominerait les projets de quelques uns de nos illustres compatriotes africains, présidents de préférence. Ce n’est pas une exclusivité continentale mais …

Le 23 octobre 2006, M. Omar Bongo récemment Ondimbaïsé du patronyme déclarait avec le goût de la provocation qu’on lui sait : «… je serai candidat (…) si Dieu me prête vie» ! [AFP, Libreville]. Il faut dire que fraîchement réélu à la tête du Gabon qu’il dirige depuis 1967, le président de l’ex «petit émirat d’Afrique central» un peu fauché par ces temps de fin de cycle pétrolier, a encore toutes ses preuves à faire, jeune de ses 70 ans, grand bâtisseur devant les Hommes, il a réussi à faire de son pays qui sentait le pétrole et dégoulinait d’uranium un pays qui se normalise dans la pauvreté et la misère commune à trop de pays d’Afrique noire. Vidé de son sous-sol au préalable, inutile de le préciser. Rassurons-nous, on ne craint rien pour la fortune personnelle du grand fraternitaire Bongo, amateur de distributions de billets sans discriminations de couleurs de peau, de sexes et d’âge, du moment que cela contribue peu ou proue à renforcer son Pouvoir, ses clientèles et réseaux de renseignements.



Pour faire simple donc, après le septennat actuel débuté en 2005 au terme d’un triomphe électoral modeste à 79% de suffrages d’une élection obsessionnellement transparente, 2012 pourrait être l’année de la prochaine remise à jour, car ici candidature veut dire, sensiblement, vote au premier tour à une majorité écrasante. Qui dit mieux…



Ce rêve d’éternité était celui d’un certain Eyadema, parti brusquement du côté des dictatures réellement éternelles Au-delà, remplacé dysnatiquement par son fils puîné, sous le contrôle paternel de Bongo et de la Françafrique chaleureuse. Gnassingbe Eyadema était lui aussi au pouvoir depuis 1963, formellement président en 1967. Il est resté accroché à une présidence clanique et familiale pendant près de quarante ans ! Bravo, à lui et son parrain officiel, l’ancienne puissance coloniale. Résultats ? Euhhhh, on cherche encore.



Dans le même ordre d’idée Paul Biya est au pouvoir depuis 1982 suite à le démission surprise -d’aucuns disent télécommandée par la France- de son «illustre prédécesseur» Ahmadou Ahidjo, 24 ans de pouvoir comme premier ministre et président. Il ne semble pas non plus très préoccupé par l’idée que la présidence d’une république, de toute chose commune, appelle à son renouvellement, à sa régénération, dans l’intérêt de tous. D’autant que chacun pourrait se demander, ne serait-ce que par effraction dans son univers mental, «tout cela sert à quoi ? Sert qui ?». La réponse n’est pas si évidente. Vivre aisément installé dans le surplus, sous la menace de coups d’état, d’intrigues, de prévisibles poursuites de toutes sortes après la période du pouvoir est une riante perspective. Aucune satisfaction politique, humaine, de bâtisseur, puisque beaucoup croient, dit-on, à Dieu-Allah comme Omar Bongo, au Grand Architecte de l’Univers surtout, sans oublier Tata Nzambi et le Dieu des fétiches. Ces adeptes du rêve éternitaire eux ne construisent pas vraiment, ils détruisent ou redécouvrent routes, écoles, infrastructures coloniales, et les rebaptisent au besoin du nom de leur mère, façon Mobutu Sese Seko peu suspect de savoir s’effacer devant l’événement !



Rien, aucune vraie trace, le contraire du pouvoir, en dehors de celui maîtrisé jusqu’aux cimes de nuire. Quelque chose qui se rapprocherait même de l’impouvoir, mais dans l’éternité, la durée. M. Biya, après les rumeurs sur sa mort qui circulèrent follement en juin 2004 lui permettant de revenir dans son pays de séjour pendulaire en héros et de lancer sa «campagne» présidentielle, avait donné rendez-vous dans une vingtaine d’années à ceux qui attendaient sa mort. Bongo, plus prudent, s’en est quand même remis à Dieu sur la question …



Les Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979 ou Idriss Deby en poste françafricain depuis 1990, tous fonctionneraient à cette drogue d’éternité du pouvoir, sans but politique ni rêve autre. Le Maréchal Mobutu, Bokassa, fonctionnaient aussi institutionnellement dans le pouvoir éternel. Peu ont vu que cette capacité de manipuler la violence n’avait rien à voir avec le pouvoir de diriger, d’organiser un peuple, de travailler à ses valeurs, à sa mise au travail dans une utopie fédératrice. Ainsi lorsque le destin les rappelle, il ne reste d’eux que ce qu’ils ont fait écrire de louanges à leur endroit, choses qui s’effacent à un changement de régime près.



Le piège de l’histoire c’est bien sûr que cette conception même du pouvoir pour l’éternité en vide le contenu qui aurait pu faire date, et l’héritage de ces longévités trafiquées et abrutissantes ne se conjugue que vers autant d’années de souffrances et de brimades retournées contre les symboles, parents, amis de l’ancien éternel tout-puissant.



Il en va ainsi de l’impouvoir, toutes les apparences du pouvoir, le monopole des moyens de la violence d’Etat, mais en face une incapacité féroce à comprendre la mission, et l’ultime raison d’être du pouvoir, une indigence à formuler des solutions collectives, à résoudre par le fond les prémisses du moindre problème sociétal. Rien après les éternités, un rêve du néant.
Agni Blé

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