Villas de luxe et choléra
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Villas de luxe et choléra
Mercredi 28 mars 2007
Par Musi Kanda
Ma modeste chronique d'aujourd'hui tient à corriger une injustice. Les Cons-golais ont pris la mauvaise habitude de tirer à boulets rouges sur ce pauvre Sassou, accusé, à tort, de ruiner le pays à son seul profit et celui de son clan. C'est vrai que sur les 22 ans passés au pouvoir, les 17 premiers n'ont servi à rien. Mais l'homme a changé. Il a mûri. Il a acquis de l'expérience, tiré les leçons des échecs des Mobutu, Eyadema, Bokassa, Siad Barré, Amin Dada et autres dictateurs africains dont l'histoire ne retiendra que leur interminable règne de terreur, parsemé de milliers de cadavres. Sassou, lui, se veut être un infatigable bâtisseur aux mains propres.
A qui cette villa ? Peut-être à un Nguesso mais sûrement à un proche du clan...
Les résultats de sa politique économique et de sa politique de lutte contre la pauvreté en témoignent. Jamais le Congo n'avait été aussi riche que sous son règne. Le PIB du pays explose. Sa dette aussi. Ngouabi avait rêvé d'une bourgeoisie nationale capable d'amorcer le décollage économique du pays ? Sassou l'a fait. Les nouveaux riches poussent comme des champignons. Ils s'appellent Sassou ou Nguesso, Ngokana, Itoua. Ils sont proches parents, amis, conseillers du prince, ou natifs du même coin que lui. Ils sont ministres, généraux, anciens chefs de guerre, directeurs de sociétés publiques, hauts fonctionnaires et opérateurs économiques à la fois, portés à bout de bras par l'Etat. Le miracle économique congolais, c'est eux.
Le site des « Nouveaux Riches Congolais » s'emploie à mettre en valeur l'action de ces vaillants et entreprenants fils et filles du pays. Ils sont l'avenir du Congo. Des palaces avec vue imprenable sur la mer, c'est eux. Des villas luxueuses, dignes des princes pétroliers du désert, perdus dans la brousse, c'est eux. Des hôtels et immeubles commerciaux rivalisant d'audace architecturale, c'est eux. On en tombe des nues. Le site des « Nouveaux Riches Congolais » nous apprend qu'il ne s'agit là que d'un petit échantillon de la partie visible de l'iceberg, le reste étant impossible à évaluer. C'est dommage. C'est bien la preuve pourtant que le gouvernement lutte efficacement contre le chômage. Qui sait par exemple que la construction de toutes ces belles demeures met au travail des centaines, voire des milliers de personnes, tous corps d'Etat confondus ? Qui sait combien de milliards de francs sont ainsi injectés dans le circuit économique national ? Qui sait que c'est de l'ouvrage assuré pour des centaines de petits artisans ? Qui sait que ce sont des taxes qui tombent dans les caisses du trésor public ? En terme de pouvoir d'achat, ce n'est pas rien.
Villa d'un ministre en construction. Il a recruté des Chinois pour les travaux...
La réduction de la pauvreté se remarque chaque jour davantage dans les rues de nos villes. Jamais Brazzaville et Pointe-Noire n'avaient vu circuler autant de 4X4 de luxe. Jamais le pays n'avait produit autant de cercueils. Les promoteurs de cimetières privés se frottent les mains. Comme tout lui réussit en ce moment, le gouvernement a trouvé un allié inespéré et très efficace pour atteindre ses objectifs de réduction de la pauvreté. Ce n'est pas le Fmi, ce traître arrogant et inutile au service des pays riches, mais le choléra. En moins de deux mois, des milliers de pauvres ont été rayés d'un seul coup des statistiques. 70 % des Cons-golais disposaient de moins d'un dollar par jour pour vivre en 2002. Si les efforts conjugués de Sassou, de Mvouba et du choléra se poursuivent à ce rythme-là, ce chiffre descendra bientôt en dessous de 40 % avant 2016, pour la vingt-neuvième année du chef du Pct au pouvoir. C'est inespéré. Ces rigolos de l'opposition peuvent aller se rhabiller, ils ne feront jamais aussi bien.
D'accord, l'eau et l'électricité pour tout le monde, ce n'est pas encore pour demain. Mais Sassou y travaille. En 2316, si Dieu le veut, tous ces problèmes seront derrière nous. De toutes les façons, pourquoi être si pressés à vouloir dépenser des milliards de francs pour construire des barrages hydroélectriques et des usines de traitement de l'eau qui ne serviront à rien ? Entre le sida, le paludisme, le tuberculose, le choléra et notre incivisme débridé diagnostiqué par le docteur Sassou en personne, les deux tiers des Cons-golais ne seront plus de ce monde. La nouvelle espérance, c'est un présent agréable et un avenir prometteur. Pour reprendre l'expression du site des « Nouveaux Riches Congolais », c'est « le mariage (réussi) entre les villas de luxe et le choléra. »
Chez nous riches et pauvres vivent en bonne intelligence
Question : pourquoi, diable, Sassou ne parle-t-il donc jamais des résultats positifs de sa politique, quand il y en a ? Mystère. Il se laisse traiter de voleur alors que les faits prouvent le contraire. C'est incompréhensible. C'est bien la première fois au monde que l'on voit un gouvernement honteux de communiquer sur les succès de sa politique économique et sociale.
Tout cela est assurément de la faute de Mvouba. Yoka a raison de clamer sur tous les toits que ce type est nul. Premier ministre est tout simplement un costume taillé trop large pour lui. Il n'en a ni les compétences ni la carrure. Il n'a jamais rien compris à la communication. Heureusement qu'il y a les nouveaux riches pour vanter les prouesses du pouvoir, sinon on se lèverait un matin sans rien comprendre, surpris de constater que la pauvreté a totalement disparu dans le pays. Vous vous rendez compte du traumatisme, nous n'aurions plus rien à reprocher à Sassou. Mon dieu, quelle horreur !
Musi Kanda
mwinda.org
Par Musi Kanda
Ma modeste chronique d'aujourd'hui tient à corriger une injustice. Les Cons-golais ont pris la mauvaise habitude de tirer à boulets rouges sur ce pauvre Sassou, accusé, à tort, de ruiner le pays à son seul profit et celui de son clan. C'est vrai que sur les 22 ans passés au pouvoir, les 17 premiers n'ont servi à rien. Mais l'homme a changé. Il a mûri. Il a acquis de l'expérience, tiré les leçons des échecs des Mobutu, Eyadema, Bokassa, Siad Barré, Amin Dada et autres dictateurs africains dont l'histoire ne retiendra que leur interminable règne de terreur, parsemé de milliers de cadavres. Sassou, lui, se veut être un infatigable bâtisseur aux mains propres.
A qui cette villa ? Peut-être à un Nguesso mais sûrement à un proche du clan...
Les résultats de sa politique économique et de sa politique de lutte contre la pauvreté en témoignent. Jamais le Congo n'avait été aussi riche que sous son règne. Le PIB du pays explose. Sa dette aussi. Ngouabi avait rêvé d'une bourgeoisie nationale capable d'amorcer le décollage économique du pays ? Sassou l'a fait. Les nouveaux riches poussent comme des champignons. Ils s'appellent Sassou ou Nguesso, Ngokana, Itoua. Ils sont proches parents, amis, conseillers du prince, ou natifs du même coin que lui. Ils sont ministres, généraux, anciens chefs de guerre, directeurs de sociétés publiques, hauts fonctionnaires et opérateurs économiques à la fois, portés à bout de bras par l'Etat. Le miracle économique congolais, c'est eux.
Le site des « Nouveaux Riches Congolais » s'emploie à mettre en valeur l'action de ces vaillants et entreprenants fils et filles du pays. Ils sont l'avenir du Congo. Des palaces avec vue imprenable sur la mer, c'est eux. Des villas luxueuses, dignes des princes pétroliers du désert, perdus dans la brousse, c'est eux. Des hôtels et immeubles commerciaux rivalisant d'audace architecturale, c'est eux. On en tombe des nues. Le site des « Nouveaux Riches Congolais » nous apprend qu'il ne s'agit là que d'un petit échantillon de la partie visible de l'iceberg, le reste étant impossible à évaluer. C'est dommage. C'est bien la preuve pourtant que le gouvernement lutte efficacement contre le chômage. Qui sait par exemple que la construction de toutes ces belles demeures met au travail des centaines, voire des milliers de personnes, tous corps d'Etat confondus ? Qui sait combien de milliards de francs sont ainsi injectés dans le circuit économique national ? Qui sait que c'est de l'ouvrage assuré pour des centaines de petits artisans ? Qui sait que ce sont des taxes qui tombent dans les caisses du trésor public ? En terme de pouvoir d'achat, ce n'est pas rien.
Villa d'un ministre en construction. Il a recruté des Chinois pour les travaux...
La réduction de la pauvreté se remarque chaque jour davantage dans les rues de nos villes. Jamais Brazzaville et Pointe-Noire n'avaient vu circuler autant de 4X4 de luxe. Jamais le pays n'avait produit autant de cercueils. Les promoteurs de cimetières privés se frottent les mains. Comme tout lui réussit en ce moment, le gouvernement a trouvé un allié inespéré et très efficace pour atteindre ses objectifs de réduction de la pauvreté. Ce n'est pas le Fmi, ce traître arrogant et inutile au service des pays riches, mais le choléra. En moins de deux mois, des milliers de pauvres ont été rayés d'un seul coup des statistiques. 70 % des Cons-golais disposaient de moins d'un dollar par jour pour vivre en 2002. Si les efforts conjugués de Sassou, de Mvouba et du choléra se poursuivent à ce rythme-là, ce chiffre descendra bientôt en dessous de 40 % avant 2016, pour la vingt-neuvième année du chef du Pct au pouvoir. C'est inespéré. Ces rigolos de l'opposition peuvent aller se rhabiller, ils ne feront jamais aussi bien.
D'accord, l'eau et l'électricité pour tout le monde, ce n'est pas encore pour demain. Mais Sassou y travaille. En 2316, si Dieu le veut, tous ces problèmes seront derrière nous. De toutes les façons, pourquoi être si pressés à vouloir dépenser des milliards de francs pour construire des barrages hydroélectriques et des usines de traitement de l'eau qui ne serviront à rien ? Entre le sida, le paludisme, le tuberculose, le choléra et notre incivisme débridé diagnostiqué par le docteur Sassou en personne, les deux tiers des Cons-golais ne seront plus de ce monde. La nouvelle espérance, c'est un présent agréable et un avenir prometteur. Pour reprendre l'expression du site des « Nouveaux Riches Congolais », c'est « le mariage (réussi) entre les villas de luxe et le choléra. »
Chez nous riches et pauvres vivent en bonne intelligence
Question : pourquoi, diable, Sassou ne parle-t-il donc jamais des résultats positifs de sa politique, quand il y en a ? Mystère. Il se laisse traiter de voleur alors que les faits prouvent le contraire. C'est incompréhensible. C'est bien la première fois au monde que l'on voit un gouvernement honteux de communiquer sur les succès de sa politique économique et sociale.
Tout cela est assurément de la faute de Mvouba. Yoka a raison de clamer sur tous les toits que ce type est nul. Premier ministre est tout simplement un costume taillé trop large pour lui. Il n'en a ni les compétences ni la carrure. Il n'a jamais rien compris à la communication. Heureusement qu'il y a les nouveaux riches pour vanter les prouesses du pouvoir, sinon on se lèverait un matin sans rien comprendre, surpris de constater que la pauvreté a totalement disparu dans le pays. Vous vous rendez compte du traumatisme, nous n'aurions plus rien à reprocher à Sassou. Mon dieu, quelle horreur !
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