11 Septembre et Désobéissance civile
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11 Septembre et Désobéissance civile
Le satyâgraha
La sinistre journée du 11 septembre 2001 marquée par les attentats terroristes sur le sol des Etats Unis d’Amérique est une date qui a bouleversé la donne des relations internationales. Cet événement a des conséquences que nous voyons non sans inquiétude se dérouler devant nos yeux avec le déclenchement par ce même grand pays amide de la guerre en Irak. Chacun aujourd’hui a eu le temps de délibérer en soi même pour se faire (ou pas !) une opinion sur la légitimité ou l’illégalité de cette aventure militaire. Il a été abreuvé largement par la grande quantité d’informations et de désinformations, d’arguments contradictoires de ceux qui sont pour et de ceux qui sont contre. Nous ne saurions en rajouter une seule louchée et voulons aborder la question sous un autre angle. Si nous prenons la parole aujourd’hui c’est pour évoquer une autre journée du 11 septembre qui s’est effacée bien trop tôt de la mémoire collective, pensons-nous. "A chacun son 11 septembre" en quelque sorte est notre véritable propos comme vous l’allez comprendre.
Soit nous prenons pour fondement ce 11 septembre 2001 pour justifier une 10e croisade du bien contre le mal. Cette croisade a été jadis celle du Christianisme contre l’Islam, aujourd’hui elle se nomme la démocratie contre la dictature mais tout autant qu’autrefois s’y mêlent motivations géostratégiques et économiques diverses et douteuses. Soit nous choisissons, pour établir les bases de ce nouveau millénaire de nous en référer au 11 septembre 1906. Ce choix est celui de vivre dans le troisième millénaire dans un monde de guerres ou un monde de Paix. Mais que diable s’est-il passé sur terre à cette date ? Rien, rien d’autre que rien comme il est dit dans le dialogue de la mésange et de la colombe que j’ai mis en exergue de cet article. Rien, vraiment rien ou si peu. Si ce n’est que…
Reprenons cette année 1906 dans la vie d’un petit bonhomme Indien, Mohandas Karamchand Gandhi à cette époque où il est en train de devenir le Mahatma Gandhi. Il est installé au Transvaal près de Johannesburg en Afrique du sud alors qu’éclate la révolte des Zoulous. On connaissait déjà ce curieux avocat, défenseur des droits civiques des sujets noirs et indiens de l’Empire Britannique avec ses curieuses méthodes. Il était allé jusqu’à créer un corps d’ambulancier pendant la seconde guerre des Boers en 1899 pour convaincre son maître Impérial de sa cause. Le voilà maintenant à soigner les Zoulous que les médecins blancs abandonnent. A cette époque Gandhi avait déjà longuement mûri le concept de " non-violence " ou Ahisma comme le ressort de son action. Ce principe, il l’a tété si l’on peut dire avec le lait de sa mère. En effet Porbandar la ville natale du jeune Mohania, ville de pêcheurs et d’armateurs sur le bord de la mer d’Oman est une petite principauté avec une forte communauté de religion Jaïne. Sa mère très pieuse appartient à une secte Hindoue qui allie l’Hindouisme et le Coran. Sa méthode révolutionnaire conduira à faire plier le joug des colons britanniques, eux qui se croyaient installés sur le joyau de la Couronne pour des siècles, est celle, légaliste, d’un avocat. Mais c’est l’esprit résolu voire obstiné de celui que son biographe, l’écrivain français Romain Rolland va surnommer " le saint mulet " qui saura à la fois galvaniser ses compatriotes et décourager les Anglais, jusqu’à les défaire psychologiquement par l’arme de la non-violence. Pour désarmer l’adversaire il faut l’émouvoir mais non pas rendre l’injustice pour l’injustice.
En cette année 1906, le chevalier pacifique des temps modernes va se forger une arme spécifique pour son combat de libération. Elle s’avèrera d’une redoutable efficacité. Le gouvernement du Transvaal a publié une ordonnance obligeant tous les Indiens à se faire inscrire auprès des autorités et à laisser leurs empreintes digitales sous peine d’amende, de prison ou de déportation. C’est la " Loi Noire ". Le 11 septembre 1906, Gandhi a réuni 3000 personnes au Théâtre Impérial de Johannesburg et obtient de l’assemblée ainsi réunie - comme dans une sorte de nouveau " serment du jeu de paume " de notre bien trop sanglante révolution française - le " serment de désobéissance ". Ce principe a vu le jour et il deviendra la fronde du combat de ce David contre le Goliath Impérial. C’est à cette époque qu’il va donner à ce concept moral et politique la force d’un mot. Si, comme disait Albert Camus : "Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde", à l’inverse, bien les nommer est la marque d’un grand maître de vie. Gandhi va, pour désigner la désobéissance civile, forger ce mot " satyâgraha " à partir du sanscrit "satya" : vérité et "graha" : force. On peut le traduire par : "force de la vérité".
Mais l'histoire de l’enregistrement ne va pas se terminer là et vaudra en 1907 à Gandhi ses deux premiers séjours en prison. C’est au cours du deuxième qu’il va découvrir le traité de désobéissance civile de l’écrivain abolitionniste William Thoreau. A travers ces quelques lignes, certains ont peut-être eu l’évocation des images du film du cinéaste Richard Attenborough où Gandhi est merveilleusement incarné par l’acteur Ben Kingsley.
Hélas, au cours des années de vie de la plus grande démocratie du monde depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, cette figure héroïque et mythique du sage a été largement écornée en Inde. L’Inde moderne se soucie-t-elle encore du message Gandhi ? L’Inde qui a donné le nom d’un Dieu Védique (AGNI le dieu du feu) à son programme d'armement nucléaire ne contribue-t-elle pas à la dégradation du logos et au malheur des peuples ? Cette Inde prodigue-là et non pas celle du petit peuple des campagnes ayant gardé toute sa ferveur envers le père de la nation, se moque volontiers des petits travers du personnage. Elle ironise sur ses manies, ses excès d’ascèse, de sagesse, d’économie ou elle s’afflige de sa conduite dans ses affaires familiales. Est-ce pour se dédouaner de son infidélité ou de son échec ? Car les idées qui devraient animer encore le pays et surtout le Parti du Congrès n’ont-elles pas fondu sous le calot de Gandhi ? Il reste leur ornement vide, ce calot qui est celui des prisonniers d’Afrique du sud.
Le message de Gandhi porté par son exemple historique, la communauté humaine tout entière et non seulement l’Inde en est héritière. Le serment du 11 septembre 1906 peut devenir notre serment dans les temps qui s’annoncent. Enfin ces paroles de Gandhi prononcées le 11 septembre de cette année-là peuvent-elles résonner encore en nous ?
"A chacun de savoir ce qu’il a dans le cœur. Si une voix intérieure lui dit qu’il a la force nécessaire, alors seulement il s’engagera et à ce moment-là cet engagement portera ses fruits…/…Bien que nous nous engagions tous ensemble, nul ne doit ignorer que la rupture du contrat d’un ou de plusieurs ne libère pas les autres de leurs obligations ".
Ce jour-là, à sa manière, Gandhi lui aussi avait dit : "Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !". Alors qu’on veut remettre au goût du jour la notion d’engagement chez les jeunes, voilà l’exemple d’un homme qui a su donner tout son sens à ce mot afin que certains se disent : "Et s’il n’en manquait qu’un, je serai celui-là."...
Comme un flocon de plus sur la branche…
http://www.bldt.net/Go/Champs/Tribune/11sept/11sept.html
La sinistre journée du 11 septembre 2001 marquée par les attentats terroristes sur le sol des Etats Unis d’Amérique est une date qui a bouleversé la donne des relations internationales. Cet événement a des conséquences que nous voyons non sans inquiétude se dérouler devant nos yeux avec le déclenchement par ce même grand pays amide de la guerre en Irak. Chacun aujourd’hui a eu le temps de délibérer en soi même pour se faire (ou pas !) une opinion sur la légitimité ou l’illégalité de cette aventure militaire. Il a été abreuvé largement par la grande quantité d’informations et de désinformations, d’arguments contradictoires de ceux qui sont pour et de ceux qui sont contre. Nous ne saurions en rajouter une seule louchée et voulons aborder la question sous un autre angle. Si nous prenons la parole aujourd’hui c’est pour évoquer une autre journée du 11 septembre qui s’est effacée bien trop tôt de la mémoire collective, pensons-nous. "A chacun son 11 septembre" en quelque sorte est notre véritable propos comme vous l’allez comprendre.
Soit nous prenons pour fondement ce 11 septembre 2001 pour justifier une 10e croisade du bien contre le mal. Cette croisade a été jadis celle du Christianisme contre l’Islam, aujourd’hui elle se nomme la démocratie contre la dictature mais tout autant qu’autrefois s’y mêlent motivations géostratégiques et économiques diverses et douteuses. Soit nous choisissons, pour établir les bases de ce nouveau millénaire de nous en référer au 11 septembre 1906. Ce choix est celui de vivre dans le troisième millénaire dans un monde de guerres ou un monde de Paix. Mais que diable s’est-il passé sur terre à cette date ? Rien, rien d’autre que rien comme il est dit dans le dialogue de la mésange et de la colombe que j’ai mis en exergue de cet article. Rien, vraiment rien ou si peu. Si ce n’est que…
Reprenons cette année 1906 dans la vie d’un petit bonhomme Indien, Mohandas Karamchand Gandhi à cette époque où il est en train de devenir le Mahatma Gandhi. Il est installé au Transvaal près de Johannesburg en Afrique du sud alors qu’éclate la révolte des Zoulous. On connaissait déjà ce curieux avocat, défenseur des droits civiques des sujets noirs et indiens de l’Empire Britannique avec ses curieuses méthodes. Il était allé jusqu’à créer un corps d’ambulancier pendant la seconde guerre des Boers en 1899 pour convaincre son maître Impérial de sa cause. Le voilà maintenant à soigner les Zoulous que les médecins blancs abandonnent. A cette époque Gandhi avait déjà longuement mûri le concept de " non-violence " ou Ahisma comme le ressort de son action. Ce principe, il l’a tété si l’on peut dire avec le lait de sa mère. En effet Porbandar la ville natale du jeune Mohania, ville de pêcheurs et d’armateurs sur le bord de la mer d’Oman est une petite principauté avec une forte communauté de religion Jaïne. Sa mère très pieuse appartient à une secte Hindoue qui allie l’Hindouisme et le Coran. Sa méthode révolutionnaire conduira à faire plier le joug des colons britanniques, eux qui se croyaient installés sur le joyau de la Couronne pour des siècles, est celle, légaliste, d’un avocat. Mais c’est l’esprit résolu voire obstiné de celui que son biographe, l’écrivain français Romain Rolland va surnommer " le saint mulet " qui saura à la fois galvaniser ses compatriotes et décourager les Anglais, jusqu’à les défaire psychologiquement par l’arme de la non-violence. Pour désarmer l’adversaire il faut l’émouvoir mais non pas rendre l’injustice pour l’injustice.
En cette année 1906, le chevalier pacifique des temps modernes va se forger une arme spécifique pour son combat de libération. Elle s’avèrera d’une redoutable efficacité. Le gouvernement du Transvaal a publié une ordonnance obligeant tous les Indiens à se faire inscrire auprès des autorités et à laisser leurs empreintes digitales sous peine d’amende, de prison ou de déportation. C’est la " Loi Noire ". Le 11 septembre 1906, Gandhi a réuni 3000 personnes au Théâtre Impérial de Johannesburg et obtient de l’assemblée ainsi réunie - comme dans une sorte de nouveau " serment du jeu de paume " de notre bien trop sanglante révolution française - le " serment de désobéissance ". Ce principe a vu le jour et il deviendra la fronde du combat de ce David contre le Goliath Impérial. C’est à cette époque qu’il va donner à ce concept moral et politique la force d’un mot. Si, comme disait Albert Camus : "Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde", à l’inverse, bien les nommer est la marque d’un grand maître de vie. Gandhi va, pour désigner la désobéissance civile, forger ce mot " satyâgraha " à partir du sanscrit "satya" : vérité et "graha" : force. On peut le traduire par : "force de la vérité".
Mais l'histoire de l’enregistrement ne va pas se terminer là et vaudra en 1907 à Gandhi ses deux premiers séjours en prison. C’est au cours du deuxième qu’il va découvrir le traité de désobéissance civile de l’écrivain abolitionniste William Thoreau. A travers ces quelques lignes, certains ont peut-être eu l’évocation des images du film du cinéaste Richard Attenborough où Gandhi est merveilleusement incarné par l’acteur Ben Kingsley.
Hélas, au cours des années de vie de la plus grande démocratie du monde depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, cette figure héroïque et mythique du sage a été largement écornée en Inde. L’Inde moderne se soucie-t-elle encore du message Gandhi ? L’Inde qui a donné le nom d’un Dieu Védique (AGNI le dieu du feu) à son programme d'armement nucléaire ne contribue-t-elle pas à la dégradation du logos et au malheur des peuples ? Cette Inde prodigue-là et non pas celle du petit peuple des campagnes ayant gardé toute sa ferveur envers le père de la nation, se moque volontiers des petits travers du personnage. Elle ironise sur ses manies, ses excès d’ascèse, de sagesse, d’économie ou elle s’afflige de sa conduite dans ses affaires familiales. Est-ce pour se dédouaner de son infidélité ou de son échec ? Car les idées qui devraient animer encore le pays et surtout le Parti du Congrès n’ont-elles pas fondu sous le calot de Gandhi ? Il reste leur ornement vide, ce calot qui est celui des prisonniers d’Afrique du sud.
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Re: 11 Septembre et Désobéissance civile
le seul truc positif ici c'est gandhi.

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