Verre cassé
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Verre cassé
Lecture en cours... pour le moment, je me fonds la gueule.
Verre Cassé d'Alain Mabanckou, une belle réussite
"... La réussite de ce cinquième roman accroît ma mauvaise conscience de l'avoir ignoré (l'auteur) jusqu'à présent. Verre Cassé est une oeuvre truculente, exubérante, tonitruante... Quelle tchatche ! la verve d'Alain Mabanckou est un fleuve en branle qui emporte tout sur son passage, les mots, les hypocrisies, les convenances, les traditions, le politiquement correct... ". Ces propos sont du très réputé Bernard Pivot, tiré d'un article paru dans " le journal du Dimanche " du 20 février 2005, intitulé : " De l'humour noir à l'humour des Noirs ".
Et ce n'est pas moi qui vais contredire M. Pivot tant il est vrai que le dernier roman du congolais Alain Mabanckou est une réussite totale, un vrai régal.
Ecrit dans un style léger, donc facile à lire, l'auteur nous plonge dans un univers qui tient beaucoup plus du fantastique que de la réalité. On y va à la rencontre de personnages aussi étranges les uns que les autres et à qui la vie n'a pas fait de cadeau. En commençant par Verre cassé lui même, qui s'improvise écrivain sur insistance de son ami l'Escargot Entêté, propriétaire du bar " le crédit a voyagé ", où Verre cassé aime aller engloutir sa misère dans les verres de vin. Ce dernier accepte donc le challenge et se met à raconter dans un cahier tant sa propre histoire que celle de la bande d'éclopés, de crève-la-faim qui fréquentent ce bar pour le moins atypique. On y rencontre entre autre l'Imprimeur qui chante sa nostalgie de la France ou encore le Vieux aux Pampers dont un passage en prison a laissé des souvenirs douloureux et de visibles séquelles physiques. Vertige et rire sont garantis dans ce roman qui ne respecte même pas les règles d'écriture normale. Car Alain Mabanckou a décidé d'écrire un roman tout en virgule, pas le moindre point à la ligne.
Mais l'une des originalités de ce roman réside dans le fait que l'auteur lance des clins d'oeil littéraire en citant sans que le lecteur ne s'en aperçoive (à moins d'être féru de littérature) des titres de roman d'auteurs, tant classique que contemporain. Par exemple quand il écrit à la page 171 : " ...je me souviendrai toujours de ma première traversée d'un pays d'Afrique, c'était la Guinée, j'étais l'enfant noir (Camara Laye), j'étais fasciné par le labeur des forgerons, j'étais intrigué par la reptation d'un serpent mystique qui avalait un roseau que je croyais tenir réellement entre les mains, et très vite je retournais au pays natal (Césaire), je goûtais aux fruits si doux de l'arbre à pain (Tchicaya U tam'si), j'habitais dans une chambre de l'hôtel la vie et demie (Labou Tansi), qui n'existe plus de nos jours et où,chaque soir, entre jazz et vin de palme (Dongala), mon père aurait exulté de joie,et je me réchauffais au feu des origines (Dongala)... ".
Verre cassé pullule de ces jolis clins d'oeil à la littérature mondiale et mine de rien, sert à chacun des lecteurs de baromètre pour jauger son niveau culturel pour peu que l'on reconnaisse au passage le titre d'un livre qu'on aurait lu.
Quant à l'auteur, Alain Mabanckou, il est né en 1966 au Congo Brazzaville. Il a déjà publié quatre précédents romans dont " Bleu blanc rouge ", qui lui valu en 1999, le grand prix littéraire d'Afrique Noire. Il est actuellement professeur de littérature francophone et Afro-américaine à l'université du Michigan (USA).
Verre Cassé qui est son cinquième roman est paru en janvier 2005 aux éditions du Seuil.
Boris Kharl (pour Mwinda.org)
Verre Cassé d'Alain Mabanckou, une belle réussite
"... La réussite de ce cinquième roman accroît ma mauvaise conscience de l'avoir ignoré (l'auteur) jusqu'à présent. Verre Cassé est une oeuvre truculente, exubérante, tonitruante... Quelle tchatche ! la verve d'Alain Mabanckou est un fleuve en branle qui emporte tout sur son passage, les mots, les hypocrisies, les convenances, les traditions, le politiquement correct... ". Ces propos sont du très réputé Bernard Pivot, tiré d'un article paru dans " le journal du Dimanche " du 20 février 2005, intitulé : " De l'humour noir à l'humour des Noirs ".
Et ce n'est pas moi qui vais contredire M. Pivot tant il est vrai que le dernier roman du congolais Alain Mabanckou est une réussite totale, un vrai régal.
Ecrit dans un style léger, donc facile à lire, l'auteur nous plonge dans un univers qui tient beaucoup plus du fantastique que de la réalité. On y va à la rencontre de personnages aussi étranges les uns que les autres et à qui la vie n'a pas fait de cadeau. En commençant par Verre cassé lui même, qui s'improvise écrivain sur insistance de son ami l'Escargot Entêté, propriétaire du bar " le crédit a voyagé ", où Verre cassé aime aller engloutir sa misère dans les verres de vin. Ce dernier accepte donc le challenge et se met à raconter dans un cahier tant sa propre histoire que celle de la bande d'éclopés, de crève-la-faim qui fréquentent ce bar pour le moins atypique. On y rencontre entre autre l'Imprimeur qui chante sa nostalgie de la France ou encore le Vieux aux Pampers dont un passage en prison a laissé des souvenirs douloureux et de visibles séquelles physiques. Vertige et rire sont garantis dans ce roman qui ne respecte même pas les règles d'écriture normale. Car Alain Mabanckou a décidé d'écrire un roman tout en virgule, pas le moindre point à la ligne.
Mais l'une des originalités de ce roman réside dans le fait que l'auteur lance des clins d'oeil littéraire en citant sans que le lecteur ne s'en aperçoive (à moins d'être féru de littérature) des titres de roman d'auteurs, tant classique que contemporain. Par exemple quand il écrit à la page 171 : " ...je me souviendrai toujours de ma première traversée d'un pays d'Afrique, c'était la Guinée, j'étais l'enfant noir (Camara Laye), j'étais fasciné par le labeur des forgerons, j'étais intrigué par la reptation d'un serpent mystique qui avalait un roseau que je croyais tenir réellement entre les mains, et très vite je retournais au pays natal (Césaire), je goûtais aux fruits si doux de l'arbre à pain (Tchicaya U tam'si), j'habitais dans une chambre de l'hôtel la vie et demie (Labou Tansi), qui n'existe plus de nos jours et où,chaque soir, entre jazz et vin de palme (Dongala), mon père aurait exulté de joie,et je me réchauffais au feu des origines (Dongala)... ".
Verre cassé pullule de ces jolis clins d'oeil à la littérature mondiale et mine de rien, sert à chacun des lecteurs de baromètre pour jauger son niveau culturel pour peu que l'on reconnaisse au passage le titre d'un livre qu'on aurait lu.
Quant à l'auteur, Alain Mabanckou, il est né en 1966 au Congo Brazzaville. Il a déjà publié quatre précédents romans dont " Bleu blanc rouge ", qui lui valu en 1999, le grand prix littéraire d'Afrique Noire. Il est actuellement professeur de littérature francophone et Afro-américaine à l'université du Michigan (USA).
Verre Cassé qui est son cinquième roman est paru en janvier 2005 aux éditions du Seuil.
Boris Kharl (pour Mwinda.org)
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